Les lois statistiques de la transmission des caractères héréditaires chez les diploïdes

Les cellules des organismes diploïdes (2n) sont caractérisées par des chromosomes disposés en paires de chromosomes homologues, et ainsi, chaque gène est représenté par deux allèles, chacun d’entre eux étant situé sur un chromosome homologue, et peuvent présenter des informations identiques (génotype homozygote) ou différentes (génotype hétérozygote).
Soit un allèle s’exprime, il est appelé dominant. L’autre allèle ne s’exprime pas, il est appelé récessif.
Soit les deux allèles s’expriment, ils sont appelés co-dominants.
Soit les deux allèles ne s’expriment pas, on parle d’une dominance incomplète.

Pour connaitre comment se fait la transmission des caractères héréditaires chez les diploïdes, on propose d’étudier les données experimentales suivantes:

1 – Génétique mendélienne

Gregor Mendel (1822-1884), moine botaniste autrichien, mit le premier clairement en évidence les lois de la transmission de l’hérédité : Il est reconnu comme le fondateur de la génétique (science de l’hérédité) ; il publie ses travaux en 1866, mais ceux-ci passent inaperçus jusqu’en 1900. Il choisit de ce fait le pois (Pisum sativum) pour les raisons suivantes: diversité de forme, de taille, de couleur des différents organes ; grande fécondité des hybrides permettant de suivre la transmission des caractères sur plusieurs générations…

2 -Transmission d’un couple d’allèles : monohybridisme

 2 – 1 – Cas de dominance complète

  a – Expériences de Mendel avec résultats statistiques

Mendel réalise des hybridations entre parents de lignées pures différant par un seul caractère (monohybridisme), ils produisent des graines qui germent en donnant de nouveaux plants: ce sont des hybrides de première génération F1. Ensuite il laisse s’autoféconder les fleurs des plants de F1 et obtient la génération F2.

Le tableau ci-dessous montre les résultats de quelques expériences de monohybridisme réalisées par Mendel:

1 –Exprimez les résultats de ces expériences sous forme de proportions.

2 -Que peut-on déduire de ces expériences?

3 –Donnez une interprétation chromosomique du premier et deuxième croisement de la transmission de la forme des graines.

Utilisez les symboles suivants:

– L ou l pour l’allèle responsable de la forme lisse;

– R ou r pour l’allèle responsable de la forme ridée.

1 – 

 

 

2 – On observe que la 1ère génération F1 obtenue par croisement de P1 et P2 est hybride et uniforme. Tous les descendants sont des hétérozygotes. Un trait apparaît est qualifié de dominant, et l’autre disparaît est donc qualifié de récessif. Le trait qui avait disparu en F1 réapparaît en F2. Il n’avait donc pas disparu mais était masqué.

–  Pour un caractère donné il existe donc deux traits chez un individu, un dominant et un récessif.

–  Chaque trait se transmet intégralement d’une génération à l’autre.

3 – L’ interprétation chromosomique du premier croisement:

Phénotypes     [L]        x          [r]

Génotypes     L//L                  r//r  

Gamètes          L/                       r/

Fécondation:           L//r

                             F1 100% [L]

L’interprétation chromosomique du deuxième croisement:    

Phénotypes         [L]            x          [L]

Génotypes          L//r                  L//r  

Gamètes       1/2L/ 1/2r/         1/2L/ 1/2r/

Fécondation: échiquier de croisement

F2: 3/4[L] + 1/4[r]

      75% [L] + 25% [r]

On constate que les résultats théoriques sont conformes aux résultats expérimentaux

b – Le croisement test = test-cross

En génétique le test-cross a pour but de révéler le génotype d’un organisme qui présente un phénotype dominant (comme les graines lisses). Cet individu peut être soit hétérozygote, soit homozygote pour l’allèle dominant. Le moyen le plus efficace de connaître son génotype est de le croiser avec un organisme exprimant le phénotype récessif (comme les graines ridées), et donc nécessairement homozygote. Les phénotypes de la génération suivante permettront de déterminer le génotype du parent ayant un phénotype dominant.

 c – Lois de Mendel

1ère loi : Loi d’uniformité des hybrides de la première génération.

Lorsqu’on croise deux races pures (homozygotes pour le ou les gènes), différant l’une de l’autre par un ou plusieurs caractères (allèles), les hybrides obtenus en première génération F1 sont tous semblables entre eux: la première génération d’hybrides est homogène.

Inversement si au cours d’un croisement la première génération est homogène; il est possible d’en déduire que les parents sont de race pure (homozygotes). 
Il y a une exception à cette première loi de Mendel ( on en parlera ultérieurement
).

2ème loi : loi de la pureté des gamètes.

La génération F2, celle obtenue en croisant entre eux les hybrides de la première génération entre eux, est hétérogène. Cette hétérogénéité traduit une disjonction (ou ségrégation) des caractères (allèles). Il en résulte que les gamètes sont  »purs », c’est à dire qu’ils ne portent qu’un seul allèle de chaque gène.

A la méiose les 2 chromosomes homologues se séparent (se disjoignent) et chacun transmet un seul allèle de chaque gène aux cellules filles (gamètes) obtenues. Cette disjonction (ségrégation) se traduit par la réapparition des phénotypes récessifs chez les individus de la F2.

 2 – 2 – Cas de de dominance incomplète et de codominance

a – Transmission de la couleur du pelage chez une race de bovins

On croise une femelle blanche et un mâle brun rouge, la première génération F1 est formée d’individus dont le pelage est brun rouge et blanc.

1 – Interprétez ces résultats en donnant les génotypes des parents et de la F1.

2 – Quel résultat obtient-on en croisant un mâle et une femelle brun rouge et blanc?

Utilisez les symboles suivants:

– B ou b pour l’allèle responsable de la couleur blanche;

– R ou r pour l’allèle responsable de la couleur brun rouge.

1-Il s’agit d’un croisement de deux individus qui diffèrent par un seul gène (un couple d’allèle), donc d’un monohybridisme. La première génération est à 100% homogène et semblable, tous les individus ont un pelage brun rouge et blanc, la première loi de Mendel est vérifiée. Les parents sont donc purs. Les individus la F1 ont une couleur brun rouge et blanc, les deux couleurs(allèles) s’expriment simultanément, il s’agit donc d’une codominance.

Les génotypes des parents:   B//B et R//R  

Le génotype de F1:     R//B

2 – Phénotypes            [RB]                x               [RB]

Génotypes                   R//B                                R//B  

Gamètes           1/2R/      1/2B/                   1/2R/     1/2B/

Fécondation: échiquier de croisement

F2: 1/4[R] + 1/2[RB] + 1/4[B]

b – Transmission de la couleur des fleurs chez la belles de nuit

On croise une lignée de belles de nuit à fleurs blanches avec une lignée à fleurs rouges, la première génération F1 est formée de fleurs roses.

Le croisement des individus de F1 entre eux donne une génération F2 composée de:
– 25 fleurs blanches.
– 54 fleurs roses.
– 26 fleurs rouges

1 – Que peut-on déduire du premier et deuxième croisement?

2 – Donnez une interprétation chromosomique du premier et deuxième croisement.

Utilisez les symboles suivants:

– B ou b pour l’allèle responsable de la couleur blanche;

– R ou r pour l’allèle responsable de la couleur rouge.

1- Le 1er croisement: Il s’agit d’un croisement de deux individus qui diffèrent par un seul gène (un couple d’allèle), donc d’un monohybridisme. La première génération est à 100% homogène et semblable, tous les individus ont des fleurs roses, les parents sont donc purs. La première loi de Mendel est vérifiée. Les individus ont une couleur rose, un phénotype intermédiaire entre les deux couleurs, il s’agit donc d’une dominance incomplète.

Le 2éme croisement: on obtient une génération F2 hétérogéne composées de 3 phénotypes: 24,76% [R] + 51,43% [RB] + 23,81% [B], donc l’apparition des phénotypes parentaux à nouveau.

2 – L’ interprétation chromosomique du premier croisement

Phénotypes        [R]           x         [B]

Génotypes        R//R                  B//B  

Gamètes            R/                         B/

Fécondation:          R//B

                          F1 100% [RB]  

L’ interprétation chromosomique du deuxième croisement     

Phénotypes            [RB]                 x                [RB]

Génotypes             R//B                                   R//B  

Gamètes           1/2R/    1/2B/                 1/2R/     1/2B/

Fécondation: échiquier de croisement

F2: 1/4[R] + 1/2[RB] + 1/4[B]

25% [R] + 50% [RB] + 25% [B]  

On constate que les résultats théoriques sont conformes aux résultats expérimentaux

La dominance incomplète décrit la situation dans laquelle le phénotype d’un hétérozygote est intermédiaire entre ceux de deux homozygotes, sur une échelle de mesure quantitative

 2 – 3 – Cas de gène létal

a- Transmission de la couleur de pelage chez les souris

On réalise deux croisements chez des souris.

1er croisement: entre les mâles et les femelles à pelage gris donne toujours des souris grises.

2éme croisement: entre les mâles et les femelles à pelage jaune donne toujours 2/3 de souris jaunes et 1/3 de souris grises.

Utilisez les symboles suivants:

– J ou j pour l’allèle responsable de la couleur jaune;

– G ou g pour l’allèle responsable de la couleur grise

A partir de l’exploitation de ces croisements,

1 – Determimez l’allèle dominant et l’allèle dominantrecessif.

2 – Ecrivez les génotypes des souris jaunes et des souris grises.

3 – Donnez uneinterprétation chromosomique du deuxième croisement, et comparez les  résultats théoriques et les résultats expérimentaux. 

4 – Expliquez les résultats expérimentaux obtenus dans le deuxième croisement, sachant que des embryons meurent in utero chez les femelles jaunes.

1- Le croisement des souris grises entre eux donne une génération homogène. La première loi de Mendel est vérifiée, donc les souris grises sont de races pures. Le croisement des souris jaunes entre eux donne une génération hétérogène. les resultats ne sont pas conformes à la première loi de Mendel, donc les souris jaunes sont hybrides (hétérozygotes). D’ou la dominance de l’allèle responsable de la couleur jaune (J) sur l’allèle responsable de la couleur grise (g).

2 – Le génotype des souris jaunes: J//g 

    Le génotype des souris grises:  g//g

3 – L’ interprétation chromosomique du deuxième croisement     

Phénotypes              [J]              x                 [J]

Génotypes              J//g                                J//g  

Gamètes         1/2J/    1/2g/                1/2J/      1/2g/

Fécondation: échiquier de croisement

F2: 3/4[J] + 1/4[g]

On constate que les résultats théoriques ne sont pas conformes aux résultats expérimentaux

4 – Les proportions correspondent à celles observés que si les souris (J//J) sont éliminées, on aurait alors 2/3 de souris jaunes et 1/3 de souris grises. L’élimnination des souris (J//J) peut s’expliquer par la mort in-utero des souris jaunes homozygotes pour l’allèle J, il s’agit d’un génotype létal.  

Gène létal; Gène qui entrave le développement normal d’un individu et qui provoque sa mort si son effet n’est pas annulé par l’autre allèle.

 2 – 4 – Cas de gène lié au sexe

a- Transmission de la couleur des yeux chez la drosophile

Un premier croisement est réalisé entre une drosophile femelle à «yeux rouges» et une drosophile mâle à «yeux blancs». Les individus de la génération F1 obtenus sont tous à «yeux rouges».

Un deuxième croisement inverse est réalisé entre des drosophiles de races pures; le mâle à «yeux rouges» et la femelle à «yeux blancs». Les individus de la F’1 obtenus sont 50% des mâles à «yeux blancs» et 50% des femelles à « yeux rouges».

Utilisez les symboles suivants:

– R ou r pour l’allèle responsable de la couleur rouge;

– B ou b pour l’allèle responsable de la couleur blanche

1. Quels renseignements peut-on dégager des résultats obtenus des deux croisements?
2. Ecrivez les génotypes des parents et des descendants dans les deux croisements.

3.Donnez uneinterprétation chromosomique du premier et deuxième croisement.

1- Il s’agit d’un croisement de deux individus qui diffèrent par un seul gène (un couple d’allèle), donc d’un monohybridisme. Les résultats du 1er croisement sont conformes à la première loi de Mendel. Dominance de l’allèle responsable des yeux rouges (R) sur l’allèle responsable des yeux blancs (b). Les résultats du 2ème croisement ne sont pas conformes à la première loi de Mendel malgré que les parents sont de race pure (la F’1 est composée de deux phénotypes différents avec autant de mâles que de femelles). Les femelles ont hérité les caractères de leur père et inversement les mâles ont hérité les caractères de leur mère. Les deux croisements réciproques ne donnent pas les mêmes résultats. Il s’agit de une hérédité liée au sexe: au chromosome X (puisque le caractère s’observe ches les deux sexes et X est le chromosome commun entre les deux).

2. Les génotypes des parents et des descendants:

1er croisement P :  ♀XRXR      ♂XbY

   F1:   ♀XRXb      ♂XRY

2ème croisement : P : ♀XbXb      ♂XRY

F’1:  ♀XRXb          ♂XbY

3 – L’ interprétation chromosomique du premier croisement:

Phénotypes    ♀[R]           x     ♂ [b]

Génotype      XRXR                 XbY  

Gamètes         XR               1/2Xb     1/2Y      

Fécondation: échiquier de croisement

F1 100% [R]

 L’ interprétation chromosomique du deuxième croisement     

Phénotypes          ♀[b]           x      ♂ [R]

Génotype           XbXb                     XRY  

Gamètes               Xb                1/2XR     1/2Y  

Fécondation: échiquier de croisement

F’1: 1/2 ♀ [R] + 1/2 ♂ [b]

        50%             50%  

On constate que les résultats théoriques sont conformes aux résultats expérimentaux 

N.B:

Chez certaines espèces comme les oiseaux, les papillons et les serpents, le mâle est homogamétique (les chromosomes sexuels sont nommés ZZ), alors que la femelle est hétérogamétique(les chromosomes sexuels sont nommés ZW).

b – Transmission de la couleur de plumage chez les oiseaux

Chez une espèce d’oiseaux, on croise deux individus de race pure; une femelle à plumes barrées avec un mâle à plumes noires. Ce croisement donne une génération F1 composées de 50% de femelles à plumes noires, et 50%  de mâles à plumes barrées.

Utilisez les symboles suivants:

– B ou b pour l’allèle responsable de la couleur barrées;

– N ou n pour l’allèle responsable de la couleur noire.

1. Quels renseignements peut-on dégager des résultats obtenus de ce croisement?
2. Ecrivez les génotypes des parents et des descendants.

3.Donnez une interprétation chromosomique de ce croisement.

1- Il s’agit d’un croisement de deux individus qui diffèrent par un seul gène (un couple d’allèle), donc d’un monohybridisme. Les résultats de ce croisement ne sont pas conformes à la première loi de Mendel malgré que les parents sont de race pure (la F’1 est composée de deux phénotypes différents avec autant de mâles que de femelles). Les femelles ont hérité les caractères de leur père et inversement les mâles ont hérité les caractères de leur mère. Il s’agit de l’hérédité liée au sexe: au chromosome Z (puisque le caractère s’observe ches les deux sexes et Z est le chromosome commun entre les deux). Puisque les mâles de F1 sont homogamétiques (portent les chromosomes ZZ) et hybrides(portent l’allèle responsable des plumes barrées et l’allèle responsable des plumes noires), et vu qu’ils ont des plumes barrées, donc la dominance de l’allèle responsable des plumes barrées (B) sur l’allèle responsable des plumes noires (n).

2. Les génotypes des parents et des descendants de ce croisement.

P :    ♀ZBW        ♂ ZnZn

F1:  ♀ZnW          ♂ ZBZn

3 – L’ interprétation chromosomique de ce croisement

Phénotypes            ♀[B]            x            ♂ [n]

Génotype               ZBW                        ZnZn  

Gamètes        1/2 ZB    1/2W                  Zn

Fécondation: échiquier de croisement

F’1: 50% ♀[n] + 50% ♂[B]  

On constate que les résultats théoriques sont conformes aux résultats expérimentaux 

 

Dans le cas de monohybridisme chez les dipolides:

– Si les proportions phénotypiques de la F2 sont 3/4 + 1/4, on parle de dominance complète.

– Si les proportions phénotypiques de la F2 sont 1/4 + 1/2 + 1/4, on parle de codominance ou dominance incomplète.

– Si les proportions phénotypiques de la F2 sont 2/3 + 1/3 , on parle d’un gène létal.

– On parle d’un gène lié au sexe, si :

     – Les résultats ne sont pas conformes à la première loi de Mendel malgré le croisement d’individus de race pure.

    – Les femelles héritent les caractères de leur père et inversement les mâles héritent les caractères de leur mère.

    – Les deux croisements réciproques ne donnent pas les mêmes résultats.

3 -Transmission de deux couples d’allèles: dihybridisme

 3 – 1 – Cas de géneindépendants

a- Transmission de la couleur et la forme des graines chez le mais

On réalise des croisements chez le maïs:

1 er croisement: entre deux lignées pures, la premiere à graines noires lisses et la deuxieme à graines jaunes ridées, on obtient à la génération F1 uniquement des graines noires lisses .

2 éme croisement: entre individus de F1, on obtient à la génération F2 les resultats suivants:

9/16 graines noires lisses 

3/16 graines jaunes lisses

3/16 graines noires ridées

1/16 graines jaunes ridées

3 éme croisement: On réalise un back-cross (test-cross) entre un individu de F1 et un individu double recessif (le parent recessif), on obtient une génération F’1 constituées des resultats suivants:

25O2 graines noires lisses

2498 graines jaunes lisses

2499 graines noires ridées

2501 graines jaunes ridées

Utilisez les symboles suivants:

  L et l pour les allèles du gène responsable de la forme ds graines;

  N et r pour les allèles du gène responsable de la couleur des graines.

1. Quels renseignements peut-on dégager des résultats obtenus des deux croisements?
2. Proposez une hypothése pour expliquer l’apparition des phénotypes recombinés à la génération 
F2.

3.Donnez uneinterprétation chromosomique du1er et 2éme croisement.

4. Que peut on déduire du 3éme croisement.

5.Donnez une interprétation chromosomique du3éme croisement.

1- 1er croisement: Il s’agit d’un croisement de deux individus qui diffèrent par deux gènes (deux couples d’allèle), donc d’un dihybridisme. La première génération est à 100% homogène et semblable, toutes les graines sont noires et lisses. La première loi de Mendel est vérifiée. La génération F1 est composée de graines noires et lisses, donc l’allèle responsable de la couleur noire est dominant (N) alors que l’allèle responsable de la couleur jaune est récessif (j). Et l’allèle responsable de la forme lisse est dominant (L) alors que l’allèle responsable de forme ridée est récessif (r).

– 2 éme croisement: donne 4 phénotypes différents; deux de ces phénotypes ([GL] et [nc]) sont les phénotypes parentaux. Les deux autres ([nL] et [nc]) sont des phénotypes recombinés dus au brassage chromosomique.

2 – On peut supposer qu’ils sont dus au brassage interchromosomique. Et que les gènes sont indépendants.

3 – L’interprétation chromosomique du 1er croisement  

Phénotypes           [NL]                   x               [jr]

Génotypes        N//N L//L                         j//j r//r  

Gamètes              N/  L/                                j/  r/ 

Fécondation:                           N//j L//r

                                             F1 100% [NL]

– L’interprétation chromosomique du 2éme croisement

Phénotypes                [NL]                            x                              [NL]

Génotypes                 N//j L//r                                               N//j L//r  

Gamètes                    1/4 N/ /L                                                1/4 N/ /L 

                                    1/4 N/ /r                                                  1/4 N/ /r 

                                     1/4 j/ /L                                                  1/4 j/ /L

                                     1/4 j/ /r                                                     1/4 j/ /r

Fécondation: échiquier de croisement

F2: 9/16[NL] + 3/16[Nr]+ 3/16[jL] + 1/16[jr]

On constate que les résultats théoriques sont conformes aux résultats expérimentaux. Donc les 2 gènes sont indépendants et les phénotypes recombinés sont dus au brassage interchromosomique.

4- Le 3éme croisement est back-cross ou test-cross qui a donné 4 phénotypes équiprobables (50% de phénotypes parentaux et 50% de phénotypes recombinés).Et puisque le double recessif produit un seul type de gamètes, c’est l’individu F1 qui produit 4 types de gamètes équiprobables. Ceci est dus à la ségrégation indépendante des couples d’allèles déterminant la couleur de la graine et la forme de la graine.

5 -L’interprétation chromosomique du 3éme croisement

Phénotypes           [NL]                  x                  [jr]  

Génotypes           N//j L//r                            j//j r//r    

Gamètes             25% N/ /L                            100%  j/ /r

                             25% N/ /r             

                             25% j/ /L     

                             25% j/ /r           

Fécondation: échiquier de croisement

F’1: 25%[NL] + 25%[Nr]+ 25%[jL] + 25%[jr]

On constate que les résultats théoriques sont conformes aux résultats expérimentaux.

b – Troisiéme loi de Mendel: Loi de la disjonction ou la ségrégation indépendante des caractères

Lorsque 2 parents différent par plusieurs caractères, ceux-ci sont transmis à la descendance indépendamment les uns des autres. En d’autres termes la ségrégation d’un couple d’allèles est indépendante de celle d’un autre couple d’allèles. 

3 – 2 – Cas de génes liés

a- Transmission de la couleur du corps et la forme des ailes chez la drosophile

On réalise des croisements chez la drosophile (mouche du vinaigre) :

1er croisement: On croise deux races pures de drosophiles, l’une à corps gris et ailes normales et l’autre à corps noir et ailes tordues, on obtient à la génération F1 uniquement des mouches à corps gris et ailes normales.

2éme croisement: entre une femelle de F1 et un mâle double recessif. La génération produite comporte statistiquement:

36,5% mouches à corps gris et ailes normales

36,5% mouches à corps noir et ailes tordues

13,5% mouches à corps gris et ailes tordues

13,5% mouches à corps noir et ailes  normales

3éme croisement: entre un mâle de F1 et une femelle double recessive. La génération produite comporte statistiquement:

50% mouches à corps gris et ailes normales

50% mouches à corps noir et ailes tordues

Utilisez les symboles suivants:

 – G et g pour les allèles du gène responsable de la la couleur du corps.

 – N et n pour les allèles du gène responsable de la forme des ailes.

1. Quels renseignements peut-on dégager des résultats obtenus des deux croisements?

2.Donnez une interprétation chromosomique du1et et 2éme croisement.

3. Que peut on déduire du 3éme croisement.

4.Donnez une interprétation chromosomique du 3éme croisement.

1- 1er croisement: Il s’agit d’un croisement de deux individus qui diffèrent par deux gènes (deux couples d’allèle), donc d’un dihybridisme. La première génération est à 100% homogène et semblable, toutes les mouches à corps gris et ailes normales. La première loi de Mendel est vérifiée. La génération F1 est composée de mouches à corps gris et ailes normales, donc l’allèle responsable de la couleur grise est dominant (G) alors que l’allèle responsable de la couleur noire est récessif (g). Et l’allèle responsable des ailes normales est dominant (N) alors que l’allèle responsable des ailes tordues est récessif (n). – 2 éme croisement: donne 4 phénotypes differents non équiprobables; la proportion des phénotypes parentaux ([GN] et [gn]) est largement superieur à celles des phénotypes recombinés([gN] et [Gn]). Ceci est dus à la non ségrégation indépendante des couples d’allèles donc les gènes sont liés et les phénotypes recombinés sont dus au brassage intrachromosomique (crossing-over.)

2 – L’interprétation chromosomique du 1er croisement  

Phénotypes      [GN]            x              [gn]

Génotypes      GN//GN                    gn//gn  

Gamètes          GN/                              gn/

Fécondation:                 GN//gn

                                     F1 100% [GN]

– L’interprétation chromosomique du 2éme croisement

Phénotypes             [GN]                    x                   [gn] Génotypes     

                               GN//gn                                              gn//gn  

Gamètes              36,5% GN/                                       100% gn/  

                             13,5% Gn/

                             13,5% gN/

                              36,5% gn/

Fécondation: échiquier de croisement

F2: 36,5%GN] + 13,5%[Gn]+ 13,5%[gN] + 36,5%[gn]

3 – Le 3éme croisement est un back-cross ou test-cross qui a donné 2 phénotypes parentaux avec absence des phénotypes recombinés). Et puisque le double recessif produit un seul type de gamètes, c’est l’individu F1 qui produit 2 types de gamètes. Ceci est dus à la non ségrégation indépendante des couples d’allèles déterminant la couleur de la couleur du corps et la forme des ailes.

4 -L’interprétation chromosomique du 3éme croisement

   Phénotypes            [GN]                   x                   [gn]  

   Génotypes            GN//gn                                   gn//gn    

Gamètes                  50% GN/                               100% g/ /n     

                                  50% gn /           

Fécondation: échiquier de croisement

F’1: 50%[GN] + 50%[gn]

On constate que les résultats théoriques sont conformes aux résultats expérimentaux.

 

 

3 – 3 – La carte factorielle ocarte génétique

Le généticien américain Thomas Hunt Morgan et ses collaborateurs ont supposé que les crossing-over ont autant de chance de se produire en tout point du chromosome. Ainsi le taux de recombinaison (c’est-à-dire la fréquence des crossing-over dans leur modèle) entre deux gènes est indépendant de la nature de chaque gène, il ne dépend que de leur position relative sur le chromosome, ce qui revient à dire que le crossing-over est un phénomène mécanique. Ainsi plus les loci (locus = emplacement) de deux gènes sont éloignés, plus leur distance génétique est élevée, plus le taux de recombinaison sera grand. Morgan et ses collaborateurs établissent ainsi des cartes factorielles qui sont la schématisation des positions respectives des gènes évaluées à partir des pourcentages de recombinaisons. Morgan présente avec Alfred Sturtevant en 1913 la première carte génétique. Depuis on a défini le centiMorgan (cMg) comme unité de recombinaison: 1 cMg étant égal à 1% de crossing-over.

Application: 

Pour la réalisation de la carte factorielles de 3 génes chez la drosophile, on propose les données suivantes:

1er croisement: On croise une femelle de F1 à yeux rouges et ailes longues et un mâle à yeux pourpres et ailes vestigiales. La génération produite comporte statistiquement:

200 mouches à yeux rouges et ailes longues

19 mouches à yeux rouges et ailes vestigiales

26 mouches à yeux pourpres et ailes longues

206 mouches à yeux pourpres et ailes vestigiales

2éme croisement: On croise une femelle de F1 à corps gris et ailes longues et un mâle à corps noir et ailes vestigiales. La génération produite comporte statistiquement:

152 mouches à corps gris et ailes longues

31 mouches à corps gris et ailes vestigiales

35 mouches à corps noir et ailes longues

147 mouches à corps noir et ailes vestigiales

1. Montrez que les résultats expérimentaux des deux croisements sont en contradiction avec la loi de Mendel de la ségrégation indépendante des caractères.

2. Etablissez les cartes factorielles possibles.

3Expliquez comment peut on determiner la carte factorielle convenable.

1-Si la loi de Mendel de ségrégation indépendante des caractères était vérifiée, nous devrions obtenir une fréquence identique entre tous les phénotypes de la génération obtenue: les phénotypes recombinés comme les phénotypes parentaux devraient se retrouver avec une fréquence d’environ 1/4. Or on remarque que les phénotypes parentaux sont très largement plus fréquents que les phénotypes recombinés. Ceci s’explique le fait que les gènes sont placé sur un même chromosome. Les caractères ainsi ne peuvent pas se transmettre de façon indépendante puisqu’ils sont liés physiquement sur un même chromosome.

2- Pour le premier croisement la fréquence des phénotypes recombinés est (19+26).100/451 = 9.97%

donc la distance entre les génes responsables de la couleur des yeux et la taille des ailes est: d1 = 9.97 CMg

Pour le deuxiéme croisement la fréquence des phénotypes recombinés est (31+35).100/365 = 18.08%

donc la distance entre les génes responsables de la couleur du corps et la taille des ailes est: d2 = 18.08 CMg

Les cartes factorielles possibles. On prend comme échelle 3 cm pour 1CMg

3- Pour determiner la carte factorielle convenable, il faut connaitre la distance entre  les génes responsables de la couleur du corps et la couleur des yeux. Pour cela on doit réaliser un back cross, en croisant une femelle de F1 à yeux rouges et corps gris et un mâle à yeux pourpres et corps noir. Et à partir de la génération produite, on peut calculer la fréquence des phénotypes recombinés et déduire la distance entre les deux génes.

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Créé sur Par Mostafa fathi

QUIZ

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deux allèles codominants

2 / 16

les caractères létaux sont :

3 / 16

le test cross est un croisement

4 / 16

Qu'est-ce qu'un allèle récessif d'un gène ?

5 / 16

Pour exprimer un phénotype récessif, un individu possède nécessairement

6 / 16

Comment se note le génotype ?

7 / 16

Qu'est-ce qu'un allèle dominant ?

8 / 16

Un croisement test est effectué lorsque l'on veut connaître

9 / 16

L'effet observé des gènes chez un individu est appelé

10 / 16

En considérant deux gènes liés subissant un crossing-over, le croisement test (ou test-cross) de deux individus donne parmi les descendants :

11 / 16

En considérant deux gènes indépendants, le croisement d’un double hybride avec un double récessif donne parmi les descendants :

12 / 16

Dans le cas d'un dihybridisme, les proportions 9/16, 3/16, 3/16 et 1/16 des 4 phénotypes de la génération F2, signifient:

13 / 16

Dans le cas d'un dihybridisme, le rapprochement des gènes sur les chromosomes :

14 / 16

Le croisement entre deux races pure donne une génération F1 hétérogène avec un phénotype des mâles différent de celui des femelles signifie que

15 / 16

si deux souris de couleurs noires donnent naissance à une souris blanche alors la couleurs des parents est codée par :

16 / 16

Dans le cas du dihybridisme avec gènes indépendants, lors du croisement d’un individu hybride de F1 avec un individu homozygote doublement récessif, la répartition des phénotypes obtenus est de…

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